Le Deuil d'un proche : le comprendre et se faire accompagner
Le deuil est une expérience profondément bouleversante et engage
un processus de transformation intérieure.
Aborder le deuil implique de prendre en compte la diversité des trajectoires
et l’importance du temps pour apprivoiser l’absence.
Accueillir ce vide, c’est accepter qu’il n’y ait pas de compréhension totale,
c’est apprendre à se laisser transformer par la douleur,
tout en maintenant vivante la présence intérieure de l’être aimé.
Chaque deuil est un chemin imprévisible, qui se construit pas à pas, avec sa propre temporalité.
Qu’est-ce que le deuil ?
Le deuil d’un proche est la réaction de tristesse ressentie après la perte d’un proche, et l’ensemble des processus psychiques mis en œuvre pour s’adapter à cette absence.
C’est un processus naturel d’adaptation à la perte, où le cœur et l’esprit cherchent à retrouver un nouvel équilibre.
Le deuil est aussi un travail de mémoire : garder vivante la présence de l’être disparu, apprendre à habiter son absence et à préserver les liens intérieurs autrement.
Il exprime le chagrin et invite, peu à peu, à réorganiser la vie en l’absence de l’autre.
C’est enfin l’art de savoir dire adieu : reconnaître la séparation tout en laissant une place à l’amour — un travail intérieur vers l’acceptation et la transformation, où l’amour continue de se déployer sous une autre forme.
Les étapes du deuil d'un proche
On ne parle plus aujourd’hui d’étapes du deuil, mais de processus.
Le deuil n’est pas une suite d’étapes à franchir, mais un mouvement complexe et circulaire, qui répond à une logique intérieure propre à chaque personne, chaque histoire et chaque lien..
C’est un processus de cicatrisation qui demande du temps — souvent 1 à 3 ans — et qui alterne entre douleur, répit, effondrement et reconstruction. Néanmoins, retenez que “qui dit un processus dit un début et une fin”.
Car OUI il y a une fin.
Le modèle des « 4 mouvements » du deuil
Dans mes accompagnements, j’ai choisi de m’appuyer sur les modèles des « 4 temps » de Christophe Fauré et des « 4 tâches » de William Worden, (que je résume par “4 mouvements”) car ils offrent deux lectures complémentaires et fidèles à ce que j’observe réellement en séance.
Les 4 temps et les 4 tâches du processus :

Recevoir la nouvelle et accepter la réalité de la perte

Accueillir et traverser la douleur du deuil

Honorer le lien et s’adapter à un monde sans le défunt

Se reconstruire, et réinvestir sa vie
Le terme de « tâches » n’indique pas qu’il faut « faire » quelque chose pour aller mieux —, mais il éclaire le fait que le deuil est un chemin de transformation, pas seulement une souffrance à subir. Car comme l’écrivait Boris Cyrulnik : « Ce n’est pas le temps qui guérit, c’est ce que l’on fait du temps. »
Ce double modèle forme le cœur de ma pratique : il structure mes séances individuelles et sert de fil conducteur à mes ateliers, car je le trouve naturel et respectueux de chacun.
Le modèle des « 5 étapes du deuil »
On entend souvent parler des « 5 étapes du deuil ». Je vous les présente ici car elles constituent un repère connu et simple pour tout le monde. Cependant, son application est aujourd’hui considérée comme partielle, incomplète et inadéquate : il ne résume pas la réalité du deuil.

Déni
Refus de croire à la réalité

Colère
Sentiment de frustration et d’injustice

Négociation
Recherche de compromis et négociation avec la situation

Dépression
Tristesse profonde liée à la prise de conscience de la perte

Acceptation
Tristesse profonde liée à la prise de conscience de la perte
Ses étapes ne doivent ni être lues comme linéaires, ni comme obligatoires, sous peine d’ajouter de la culpabilité inutile.
Si vous souhaitez en savoir plus, j’ai écrit un article sur le sujet :
Les impacts du deuil
L’onde de choc qu’est le décès d’une personne importante rappelle à quel point nous sommes des êtres de lien. La douleur du deuil naît de l’attachement et plus le lien était fort, plus la séparation résonne et ébranle.
1- Les répercussions du deuil
Le deuil touche toutes les dimensions de l’être.

Psychiques
Fatigue mentale, concentration difficile, mémoire vacillante, ruminations, désorientation, perte d’intérêt pour ce qui faisait sens.
⇒ Le brouillard mental, c’est le cerveau qui tente de survivre à l’absence et au vide.

Physiques
Le corps exprime la peine par des maux, tensions, insomnies ou troubles du rythme. Prendre soin de lui soutient le processus de guérison.
⇒ Le corps encaisse ce que le cœur n’arrive plus à contenir.

Émotionnels
Tristesse profonde, pleurs soudains, sentiment de vide, culpabilité tenace, crises d’angoisse sont fréquents.
⇒ Ce que les mots taisent, les émotions le crient. Et ce qui ne s’exprime pas s’imprime.

Sociales et relationnelles
Besoin de retrait, sentiment d’incompréhension et de solitude, relations tendues. Ces décalages renforcent le sentiment d’isolement, modifient les liens.
⇒ Le chagrin du deuil isole, même au milieu des siens.

Traumatiques
lorsque la perte est brutale ou violente ou pas dans l’ordre des choses, le choc peut se transformer en traumatique : images intrusives, hypervigilance, évitements…
⇒ Le stress post-traumatique empêche le deuil de se déployer naturellement.
2- Les retentissements spécifiques
Chaque sphère de la vie est touchée et transforme toutes les relations

Dans le couple,
les réactions différentes face à la douleur peuvent unir ou éloigner un couple déjà chancelant.

Dans la famille,
la perte redistribue les rôles et ravive ou répare des liens anciens, parfois sur plusieurs générations.

Dans la fratrie,
la disparition d’un frère ou d’une sœur bouscule le sentiment d’appartenance : on n’est plus le même dans la fratrie.

Dans le travail,
la société accorde peu de place au chagrin ; l’exigence de performance entre en conflit avec le besoin de temps.
Pourquoi se faire accompagner ?
Traverser un deuil, c’est parfois rencontrer ses limites émotionnelles, physiques et spirituelles. La douleur mobilise tout l’être, et il devient parfois difficile de garder un cap quand le chagrin envahit chaque espace.
Être accompagné, c’est ne plus porter seul ce poids intérieur. C’est tenter de comprendre ce qui est traversé pour apprivoiser son deuil, remettre une cohérence dans ce qui s’est défait, et laisser la vie reprendre sa place
C’est un chemin vers la réconciliation — avec soi, avec la perte, et avec la vie qui reste à vivre.
L'accompagnement proposé
Mon accompagnement s’inscrit dans un cadre bref de 4 à 8 séances, temps requis pour retrouver un apaisement et une stabilité intérieure.
Il est proposé au cabinet à Mérignac, proche de Bordeaux, ou en visio, et s’adresse à toutes les dimensions de l’être : psychique, émotionnelle, corporelle et spirituelle.

L’EMDR Profond®
Agit sur la tristesse et les empreintes laissées par la perte, aidant le système nerveux à libérer la charge émotionnelle liée au décès, et à apaiser les souvenirs douloureux, les pensées envahissantes.

L’EMDR Spirituel®
Agit sur le lien avec le défunt : il permet, par un processus guidé, de transformer la relation intérieure, d’honorer sa mémoire et de rétablir la continuité du lien d’amour dans un sentiment de paix.

Les thérapies brèves
Agit sur le retour à la vie : elles aident à réorganiser le quotidien, à retrouver énergie et cohérence intérieur, à raviver l’élan vers de nouveaux projets et à renouer avec les autres.
Prendre rendez-vous
Vous souhaitez être accompagné.e pour ne plus porter seul.e ce poids intérieur ?
Le chemin vers l’apaisement commence souvent par une simple rencontre.
FAQ - Foire aux Questions
C’est quoi le deuil au juste?
Le deuil de manière générale est une réaction à une perte, qu’il s’agisse d’un décès, d’une séparation, d’une perte de capacités physiques ou cognitives, ou encore de la perte d’un élément essentiel de votre quotidien, tel qu’un emploi. On parle à tort de « deuil », alors qu’il faudrait parler « des deuils ». Il en existe diverses formes, chacun réagissant différemment à ces événements et à des degrés variés. Outre les réactions émotionnelles, le deuil peut également s’exprimer de manière physique, comportementale, sociale et cognitive.
Ca veut dire quoi “faire son deuil" ?
L’expression est trompeuse : le deuil n’est pas une tâche à accomplir ni un objectif à atteindre. Ce n’est pas « tourner la page » ni oublier. C’est un processus de transformation interne et intra-psychique, une intégration progressive de l’absence dans sa vie. On ne « fait » pas son deuil : on le vit. Comme l’explique Gaëlle Pietri dans son livre « Le temps de te dire adieu » , faire son deuil, c’est l’art de dire adieu.
Quelles sont les étapes du deuil ?
Le modèle classique de Kübler-Ross proposent 5 phases : déni, colère, marchandage, tristesse, acceptation. Mais elles ne refletent pas la réalité du deuil. On parle plutot de processus du deuil, comme « les 4 temps du deuil » de Christophe Fauré ou « les 4 tâches du deuil » de William Wordent ou encore « de spirale du deuil » de l’association de Chemins de deuil. Ces modèles ne sont des repères qui aident à comprendre son vécu. Le deuil obéit à une logique intérieure propre, différente pour chaque personne.
Combien de temps dure un deuil ? Y a-t-il une fin ?
Chacun sa mélodie et sa temporalité. Il n’existe pas de durée universelle : pour certains, l’intensité diminue en quelques mois ; pour d’autres, il faut des années. Le deuil ne s’achève pas vraiment : il évolue vers un nouvel équilibre où la mémoire du défunt s’intègre dans la vie. Le lien demeure, mais il se transforme.
Le temps nécessaire n’est pas un temps passif : il permet peu à peu d’accepter la mort et de vivre avec elle. Comme le rappelle Boris Cyrulnik, ce n’est pas le temps qui guérit, mais ce que l’on fait pendant ce temps. Le temps est un allié, mais il doit être habité
Quand ma douleur va s’atténuer ?
En général, la souffrance s’allège progressivement, même si elle peut resurgir à certaines dates, lors d’anniversaires, de fêtes ou au détour d’un souvenir. Le manque, lui, ne disparaît pas : on apprend à vivre avec, différemment. Avec le temps, la mémoire devient plus douce et la vie reprend peu à peu sa place. Trouver du soutien (auprès d’un thérapeute, d’un médium, d’une figure religieuse, d’un groupe de parole…) aide à ne pas rester seul face à la douleur. Elle s’apaise vraiment lorsqu’on retrouve le goût de vivre, en réinvestissant ses relations, ses projets et le soin de soi.
